Pourquoi la crainte de Dieu est-elle le premier degré de l'amour ?
Jésus enseigne que la crainte de Dieu est le premier degré de l'amour, mais qu'il ne faut pas s'y arrêter. Après la crainte vient le désir de connaître Dieu, puis l'affection, puis l'amour qui prend des ailes. L'âme aimante s'élève sans limite, portée par Dieu, jusqu'à tomber sur Son cœur dans la liberté éternelle.
CAHIERS
3/22/20264 min read


Maria Valtorta. Cahiers de 1944. 14 septembre 1944. P551
Jésus dit:
L’Ecclésiastique dit: "La crainte de Dieu est le début de l’amour de lui, et le début de la foi doit s’y joindre."
La crainte de Dieu est le premier degré de l’amour. Celui qui craint respecte déjà et reconnaît que l’autre est son supérieur, un maître, ou du moins un chef. Même les enfants qui ne sont pas parfaitement bons craignent leur père. Même les employés qui ne sont pas parfaitement bons craignent leur patron. Même les animaux qui ne sont pas parfaitement bons craignent le dompteur.
Le croyant qui s’arrête au premier barreau de l’échelle mystique qui monte vers Dieu, craint Dieu dont il voit la face étinceler tout en haut, au loin : vue à cette distance, elle paraît en effet sévère car il n’en distingue que les lignes principales, et le sourire, le regard ainsi que la voix lui échappent. Beaucoup restent paralysés par la majesté de Dieu et en oublient sa paternité. Une paternité si bonne qu’il en est venu à immoler son Fils premier-né pour sauver ses autres enfants. Ceux-là ne font pas le mal parce qu’ils craignent Dieu. Ils seront donc récompensés par la vie éternelle.
Toutefois, ils n’obtiendront pas la récompense qui, alors que la journée terrestre dure encore, est déjà à l’oeuvre en ceux qui ne se bornent pas à craindre Dieu mais surmontent leur peur, grimpent sur le deuxième barreau de l’échelle mystique et passent au désir de connaître Dieu de plus près, avec la certitude que, s’ils peuvent mieux le connaître, ils l’aimeront... Et de fait, plus ils s’élèvent plus ils perçoivent qui est Dieu. Leur désir se change en affection. L’affection, que Dieu récompense par de douces caresses d’invitation, se change à son tour en amour. Et l’amour... Oh, l’amour! L’amour ne monte plus l’échelle barreau après barreau. L’amour prend des ailes et vole...
Ma bien-aimée, as-tu déjà vu un petit oiseau faire ses premiers vols? Il commence par passer d’une tuile au faîte d’un toit, ou d’une branche basse à une autre plus haute. Puis il ose davantage. Du faîte du toit, il conquiert le sommet de la maison voisine, ou la cime de l’arbre le plus proche. Une fois là-haut, il gazouille de joie. Il y a tellement de soleil, de chaleur, de ciel bleu! Et puis le monde truffé de pièges, de voyous et de félins est déjà loin. Mais ensuite le petit oiseau se dit: "Je suis encore trop près de ce qui peut mettre des limites à la liberté. "Il regarde alors, et il voit que, sur la tour, sur le clocher ou bien là-bas, à la cime de ce grand arbre qui se dresse au sommet du coteau, il y a encore plus de soleil, plus de liberté et de ciel bleu. Un trille, et en avant... Mais le soleil est toujours plus haut, et l’oiseau, désormais plus sûr de lui, s’élance. Il monte, il monte, il monte... comme il est heureux! Il ne sent plus son poids. L’air le porte, le rayon de soleil semble l’attirer. Sa force augmente à tout instant. Il va et chante, il vole et jubile, en maître de l’air.
C’est ce que fait l’âme qui a pris les ailes de l’amour. Le moment vient où elle ne se sent dans son élément que lorsqu’elle aime avec fougue, lorsqu’elle est plongée dans des océans célestes ou emportés par des tourbillons de passion divine... Les pauvres hommes s'évertuent à monter plus haut dans la stratosphère en utilisant des instruments — ces derniers avaient d’ailleurs été créés dans un but scientifique mais ensuite, quand le serpent démoniaque les mord plus atrocement, ils s’en servent à des fins criminelles —. Cependant, leur montée a et aura toujours une limite, au contraire de l’élévation de l’amour, qui n’en connaît pas. Il s’élève, s’élève, s’élève... et Dieu ne cesse d’accroître les forces de celui qui s’élève en se communiquant toujours plus à la créature. C’est pourquoi plus celle-ci se divinise, plus elle s’élève et plus elle aime, et inversement... Elle accomplit pleinement son amour et son élévation lorsque, telle une alouette foudroyée d’ivresse en plein vol, elle meurt au monde, autrement dit tombe sur le coeur de Dieu, en une ultime palpitation de l’âme emprisonnée sous la chair, et conquiert son Amour et sa Liberté éternelle.
Ce texte original est un court extrait des Cahiers de 1944 de Maria Valtorta. Pour bien le comprendre, il est nécessaire de le replacer dans son contexte. Je vous invite donc à lire l’intégralité du passage sur cette page :
https://www.maria-valtorta.org/Quaderni/index02.htm





