La pureté du cœur : une toile d’araignée argentée

Jésus nous enseigne que l'amour, la miséricorde et la recherche de Dieu peuvent être corrompus par des intentions impures. Jésus distingue la pureté du corps, fragile, de la pureté du cœur, bien plus délicate. Il appelle à aimer Dieu sans calcul, à aimer son prochain sans condition, et à pratiquer la miséricorde dans le silence et l'humilité — seule voie vers la vraie paix.

CAHIERS

JV

5/8/20245 min read

Maria Valtorta. Cahiers de 1944. 26 juillet 1944. P.472.

Jésus dit:

L’amour, la miséricorde, la prière, la mortification, le désir de posséder les dons de Dieu et de parvenir à la sainteté — autant de sentiments indéniablement dignes d’éloge — peuvent s’entacher d’impuretés qui les corrompent et les rend impossibles à agréer par Dieu.

La pureté de coeur ne consiste pas à avoir un coeur enfermé dans un corps vierge, ni à avoir le désir du coeur de le rester. La pureté de coeur est quelque chose de tellement délicat que la pureté physique n’est rien en comparaison. Cette dernière est un mur massif contre lequel les tentatives de Satan rebondissent sans causer de grand dommage. Il suffit qu’on ne veuille pas, qu’on ne parvienne pas à se violer soi-même. Mais la pureté du coeur est une toile d’araignée argentée, et même l’aile d’une mouche bleue peut la briser. L’aile d’une mouche bleue, autrement dit l’étourderie de l’âme qui cesse d’être constamment et soigneusement sur ses gardes.

C’est alors avec la plus grande des facilités que les choses les plus saintes s’entachent de rouille humaine et se décomposent, ou du moins que leur essence bonne est défigurée.

L’amour de Dieu est impur lorsque vous lui rendez un culte dont la fin est la suivante: "Je t’aime parce que j’attends beaucoup de toi." Vous pouvez tout demander à Dieu, tout espérer de lui, parce qu’il vous aime. Mais il est tellement plus beau de dire: "Père, je t’aime et je veux ce que tu veux. Je te demande seulement que je fasse ce que tu veux. Je veux seulement ce que tu m’envoies car, si tu me l’envoies, c’est assurément pour mon bien. Tu es mon Père, et je m’abandonne à ton amour." Il est impur quand son but est de recevoir une compensation. Dieu doit être aimé au-delà de tout calcul, il doit être aimé en lui et pour lui. Si j'ai dit: "Aimez sans espoir de compensation" en faisant référence à votre prochain, combien plus un amour exempt de tout calcul doit-il être porté à Dieu?

De même, l’amour des autres est impur quand vous aimez seulement ceux qui vous aiment, ceux qui vous servent ou vous sont utiles d’une manière ou d’une autre.

Je n’ai pas mis de limite à l’amour du prochain. J’ai dit: "Aimez votre prochain comme vous-mêmes." Je connais votre tendance à vous autoproclamer bons, gentils, aimables, saints et ainsi de suite, ainsi que votre subtilité à distinguer ce qui vous avantage; cela vous aurait donc amenés à aimer bien peu de gens, car vous auriez trouvé en tous des défauts en comparaison de vos vertus, des défauts qui auraient justifié à vos yeux votre rigueur à l’égard de votre prochain. C’est pourquoi j’ai précisé: "Quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau... Aimez ceux qui vous haïssent et faites-leur du bien, priez pour ceux qui vous font souffrir."

Je sais bien que l’intelligence du monde qualifie ces conseils de "stupidité ". Les porcs qualifient les perles de cailloux sales et leur préfèrent la soupe fétide sur laquelle flottent excréments et ordures. L’intelligence du monde a beaucoup d’affinités avec les goûts des porcs.

Mais ce qui est stupidité pour le monde est sagesse pour les fils du Très haut, intelligence et grâce.

Suivez cette sagesse, cette intelligence et cette grâce, et vous obtiendrez une grande récompense au ciel ainsi que des réconforts surnaturels sur terre, ces réconforts de tous les instants que les gens du monde essaient de trouver dans les choses du monde; or plus ils s’y plongent, plus l’amertume et le dégoût envahissent leur coeur. Seul Dieu procure la paix, Dieu et la bonne conscience. Ce sont là deux réalités avec lesquelles les pécheurs ne sont pas en bons termes.

La miséricorde aussi est belle. Mais pour être vraiment belle et pure comme une vierge heureuse qui va à l’autel, il lui faut s’appuyer sur une intention droite comme sur le bras de l’époux amoureux à qui elle donne sa parole. Sinon, elle devient vanité et orgueil, et même le fait de donner est aussi inutile que si vous jetiez vos oboles dans les griffes de Satan.

J’ai dit: "Soyez miséricordieux comme mon Père est miséricordieux. "Mais Dieu le Père fait-il donc sonner de la trompette ou apparaît-il dans les hauteurs des cieux pour dire: "Oyez, oyez! Aujourd’hui, j’ai donné pain et vie à tant de créatures, j’en ai défendu tant d’autres en danger, j’ai pardonné à tant de personnes"? Non. Il agit en silence. Il agit avec une telle modestie, avec tant d’attentions réservées que vous, en stupides hommes du monde, vous ne pensez même pas que ce dont vous profitez vous est accordé par Dieu, toujours trop bon pour vous; et vous autres, qui n’êtes pas stupides mais encore bien loin du chrétien que vous devriez être, vous dites: "Dieu me l’a donné. Mais je l’ai bien mérité." Oh, oh! Il l’a mérité! Cette arrogance n’est-elle pas déjà source de démérite? Et qui peut dire ceci en sous-entendant: "Si Dieu ne l’avait pas fait, il se serait trompé"?

Du matin au soir et du crépuscule à l’aurore, Dieu est miséricordieux à votre égard et vous comble de bienfaits; or, parmi les enfants de la terre, seules quelques rares exceptions élèvent les yeux et le coeur pour lui dire avec un sourire: "Merci, Père bon. Je reconnais ta main dans ce don." Quand vous faites miséricorde, faites-le uniquement par amour: de Dieu pour imiter le Père bon, et du prochain pour obéir à ma parole et à mon exemple.

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Ce texte est un court extrait des Cahiers de 1944 de Maria Valtorta. Pour bien le comprendre, il est nécessaire de le replacer dans son contexte. Je vous invite donc à lire l’intégralité du passage sur cette page :
https://www.maria-valtorta.org/Quaderni/index02.htm